Nouvelle acquisition pour la Société des Amis de Versailles : un citronnier du Roi Louis XVI
La Société des Amis de Versailles a acquis un rare citronnier du Roi Louis XVI grâce au mécénat de Monsieur Patrick Chartier.
En 2025, plusieurs ouvrages ayant appartenu à Mesdames de France, filles de Louis XV et de Marie Leszczyńska, ont rejoint les collections du Château de Versailles grâce à la générosité de plusieurs de nos mécènes. Le 19 mars, les donateurs ont été conviés à découvrir ces ouvrages dans la bibliothèque de Madame Victoire, où ils sont désormais présentés.

Les volumes ayant appartenu à Mesdames de France ne se distinguent les uns des autres que par la couleur du maroquin sur lequel sont frappées leurs armes. Madame Adélaïde faisait revêtir les siens en maroquin rouge, Madame Victoire, en vert, Madame Sophie, en citron et Madame Louise en bleu. Ces ouvrages, qui étaient souvent reliés par les maîtres-relieurs Fournier et Vente, concernaient pour la plupart la religion, la littérature, l’histoire et les voyages.
Les Œuvres Spirituelles de Feu Monseigneur François de Salignac de la Mothe-Fénélon Précepteur de Messeigneurs les Enfants de France, datées de 1752 ont rejoint les collections du château grâce au mécénat de Monsieur et Madame Bonodot.
Ces cinq volumes présentent une reliure en maroquin vert aux armes de Madame Victoire, septième enfant de Louis XV, décorée d’un motif de dentelle sur les plats et possédant des tranches dorées.
Fénelon, précepteur des princes, théologien et archevêque exilé par Louis XIV, est considéré soit comme un philanthrope éclairé, précurseur des philosophes des Lumières, soit comme l’héritier et défenseur d’une longue tradition mystique. Son œuvre spirituelle a eu une influence décisive sur la pensée religieuse du XVIIIe siècle, comme le prouvent les innombrables rééditions de ses livres.
Les Sermons de Saint Grégoire de Nazianze, surnommé le Théologien, traduits du grec avec des notes datant de 1693 ont été acquis grâce à la générosité de Monsieur et Madame Vandewalle.
Ces deux volumes sont dotés d’une reliure en maroquin rouge aux armes de Madame Adélaïde, dont les plats sont encadrés d’un triple filet doré.
Père de l’Église, Patriarche de Constantinople au IVe siècle, Grégoire de Nazianze, dit le Théologien, est une figure majeure des premiers siècles de l’Église. Ses écrits théologiques, notamment ceux sur la Trinité, ont été largement diffusés, d’abord traduits en latin puis dans d’autres langues.
Une nouvelle édition des Œuvres de Racine, datée de 1741 a été acquise grâce à un don de Messieurs Obst et Troncoso.
Ces deux ouvrages présentent une reliure en maroquin bleu aux armes de Madame Louise, parfois surnommée Madame Dernière ou Madame Huitième, décorée d’un triple filet doré autour des plats.
Cette nouvelle édition des Œuvres de Racine s’inscrit dans une série de rééditions des œuvres du dramaturge au XVIIIe siècle, souvent enrichies ou corrigées par rapport aux versions antérieures. Les éditions de Racine datant de cette période sont réputées pour leur qualité typographique et leur diffusion large ; elles étaient destinées à un public lettré et cultivé.
Les lectures de Madame Louise sont peu connues car aucun catalogue de sa bibliothèque n’existe aujourd’hui dans les collections publiques.
« Jamais elle ne voulut lire aucun livre de piété, de crainte de trouver quelque part du poison habilement caché, quelque réputation que l’auteur pût avoir, sans que son confesseur l’eût vu auparavant et l’eût assurée qu’elle pouvait le lire »
Vie de Madame Louise de France, religieuse carmélite, fille de Louis XV, par l’Abbé Proyart 1743-1808), de plusieurs académies. Liévin-Bonaventure, 1805, p.83
Journal historique du règne de Louis XIV, dit le Grand. Tome XVI de l’Histoire de France, depuis l’établissement de la monarchie françoise dans les Gaules. Nouvelle édition, augmentée de notes, de dissertations critiques & historiques de l’histoire du règne de Louis XIII, & d’un journal de celui de Louis XIV, Paris, Les Libraires associés, 1755-1757.
Ce volume est doté d’une reliure en maroquin citron décorée d’un triple filet d’encadrement, aux armes de Madame Sophie, sixième des huit filles de Louis XV et Marie Leszczyńska. Il a été offert au château par Monsieur Grangier.
Le Père Daniel entra en 1667 au noviciat des Jésuites de Paris ; professeur de théologie à Rennes, puis bibliothécaire de la maison professe des Jésuites à Paris, il fut nommé par Louis XIV historiographe de France. À ce titre, il recevait une pension de 2 000 livres. Son Histoire de France, qui parut en 1713, fut plusieurs fois rééditée, et réimprimée avec de grandes améliorations par l’historien Henri Griffet qui serait l’auteur des volumes 13 à 16. Bien qu’elle soit souvent partiale et vivement critiquée par Voltaire, celle-ci demeure claire et méthodique, en particulier pour les faits militaires.








La Société des Amis de Versailles remercie chaleureusement Monsieur et Madame Bonodot, Monsieur et Madame Vandewalle, Messieurs Obst et Troncoso et enfin Monsieur Grangier qui ont rendu ces acquisitions possibles.
Les appartements des filles de Louis XV se trouvent au nord du corps central du château. Ils ont été transformés en salles de musée par Louis-Philippe et restitués plus tard dans leur état d’appartements princiers. Mesdames de France s’y installèrent à partir de 1752, mais seulement deux d’entre elles, Adélaïde et Victoire, les habitèrent jusqu’à la Révolution.

Les bibliothèques de Madame Victoire et de Madame Adélaïde se trouvaient au cœur de leurs appartements, dans deux pièces entresolées. La bibliothèque de Madame Victoire fit d’abord partie de l’appartement suivant, puis elle fut rattachée à celui-ci. Cette pièce accueille désormais quelques livres reliés aux armes de Mesdames, provenant de leur bibliothèque de Versailles ou de celle du château de Bellevue.
À la veille de la Révolution, la bibliothèque d’Adélaïde comptait environ 5 000 à 6 000 ouvrages, organisés, suivant l’usage de l’Ancien Régime, en six catégories : théologie, jurisprudence, belles-lettres, histoire, sciences et arts, langues étrangères. Les livres étaient rangés par thème et par format. Sa bibliothèque comptait pour moitié des livres d’histoire, parmi lesquels tous les grands ouvrages de l’époque sur les pays et continents lointains. Outre quelques livres de science et de religion, Madame Adélaïde disposait de plus de 1500 ouvrages de belles-lettres (poésie et théâtre), ainsi que de nombreux livres en langues étrangères, notamment en anglais et en italien. Les reliures de ses ouvrages étaient souvent réalisées par le relieur Fournier, à Versailles. Sa bibliothèque fut vendue aux enchères lors de la Révolution.
Madame Sophie possédait comme ses sœurs Adélaïde et Victoire une importante bibliothèque, aujourd’hui disparue mais dont vous pouvez visualiser la modélisation ici. Celle-ci se situait au rez-de-chaussée, de plain-pied avec la Cour de marbre, dans une partie de l’actuelle galerie basse. Cette bibliothèque possédait un décor de stucs d’inspiration étrusque, conservé par Marie-Antoinette lorsqu’elle installa en 1783 un nouvel appartement à cet emplacement. Un catalogue manuscrit établi entre 1778 et 1782 indique que sa bibliothèque comportait 3 257 volumes, parmi lesquels des ouvrages de religion, d’histoire, de géographie, de droit et de belles-lettres, des récits de voyages… On y trouvait également des ouvrages en latin et en italien, ainsi que de multiples dictionnaires en langues étrangères.
Crédits photographiques : © Société des Amis de Versailles ; Zoé Rocabois ; © Château de Versailles, Dist. RMN(G-P) ; Christophe Fouin

Un ouvrage ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette a retrouvé sa place dans les collections du château après avoir été acquis lors de la vente « La Royauté à Versailles » chez Osenat, le 24 mai 2020.