Dans la petite salle à manger de la Reine, au Petit Trianon, un nouvel ensemble de couverts vient désormais compléter la présentation du célèbre service « Barbeau » de Marie-Antoinette. Grâce à cette acquisition par la Société des Amis de Versailles, les visiteurs peuvent aujourd’hui découvrir une évocation plus fidèle des arts de la table tels qu’ils se présentaient à la fin du XVIIIᵉ siècle.
Conservé dans son coffre d’origine, cet ensemble de 18 couverts en argent doré (vermeil) a rejoint les collections du château grâce au legs de Mme Françoise Lambert.
La petite salle à manger de la Reine : l’intimité retrouvée
Aménagée au cœur du Petit Trianon, la petite salle à manger illustre le goût de Marie-Antoinette pour une vie plus intime, loin de l’étiquette contraignante du château de Versailles. C’est dans ce pavillon qu’elle reçoit un cercle restreint de proches et organise des repas plus confidentiels, dans un décor raffiné où chaque détail participe à l’élégance de la table.
Le célèbre service « Barbeau », réalisé par la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres pour Marie-Antoinette, compte parmi les plus emblématiques créations de la fin du XVIIIᵉ siècle. Décoré de délicates fleurs de barbeau rehaussées d’un filet bleu et d’une riche dorure, il incarne le raffinement des arts décoratifs français sous le règne de Louis XVI.
L’arrivée de cet ensemble de couverts contemporain du service « Barbeau » permet désormais de présenter la porcelaine avec des couverts de la même époque, offrant aux visiteurs une évocation plus complète des arts de la table à la fin du XVIIIᵉ siècle.
Un remarquable témoignage de l’orfèvrerie strasbourgeoise
Réalisé en 1779 par Johann Heinrich Oertel, reçu maître orfèvre à Strasbourg en 1749, cet ensemble illustre l’excellence de l’orfèvrerie strasbourgeoise à la veille de la Révolution française. Entièrement en argent doré (vermeil), il est conservé dans son coffre d’origine, un élément particulièrement précieux qui témoigne de son histoire et de sa remarquable conservation.
Chaque couvert porte deux blasons accolés, probablement les armes d’alliance d’un couple appartenant à la noblesse. Si l’identité de ses premiers propriétaires demeure encore aujourd’hui à l’étude, les poinçons d’importation apposés au XIXᵉ siècle permettent de supposer que cet ensemble serait probablement originaire dans l’Est de la France ou dans l’espace rhénan, en cohérence avec l’origine strasbourgeoise de son créateur.
L’identification de ces armoiries pourrait permettre de retrouver les commanditaires de ce prestigieux service et d’enrichir encore l’histoire de cette œuvre.
Une acquisition rendue possible grâce au legs de Madame Françoise Lambert
Cette acquisition vient enrichir les collections du château de Versailles grâce au legs de Mme Françoise Lambert, dont la générosité a permis de transmettre au château ce remarquable ensemble issu de sa propre collection. Par ce geste, elle contribue à la préservation et à la transmission d’un nouvel exemple du savoir-faire exceptionnel des artisans du siècle des Lumières.
La Société des Amis de Versailles tient à rendre hommage à sa générosité et à la remercier pour cette précieuse contribution à l’enrichissement des collections du château. Grâce à cette transmission, ces œuvres peuvent désormais être conservées, étudiées et présentées au public.
Crédits photographiques : © EPV / Christophe Fouin ; © SAV / Thomas Bellanger
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