Les jeunes ambassadeurs explorent les coulisses du Palais Garnier !

Publié le 05 février 2026

Le 24 janvier dernier, 22 jeunes ambassadeurs des Amis de Versailles ont eu le privilège de découvrir le Palais Garnier lors d’une visite guidée à l’heure où le monument se vidait de ses visiteurs.

Amy Houbé, membre du pôle chroniques, livre son témoignage de la visite.

Dans une atmosphère particulièrement intimiste, alors que la cloche annonçant la fermeture résonnait encore dans le bâtiment, notre guide nous a conduits vers la salle de représentation. Nous avons eu la chance de nous y asseoir pour écouter le récit de la naissance de l’opéra, un moment rare sur ces sièges historiques, dont les structures sont d’époque, bien que les velours aient été renouvelés.

Les jeunes ambassadeurs à la découverte de l’opéra Garnier. Crédit : @patrimocraft (identifiant Instagram)

Œuvre de Charles Garnier, choisi à l’issue d’un concours architectural, l’opéra s’inscrit pleinement dans le Paris haussmannien de la fin du XIXᵉ siècle, dont il incarne l’ambition monumentale et la volonté de rayonnement culturel.

Pensé comme un lieu mondain autant que culturel, il célèbre l’art d’« être vu et de voir », notamment à travers ses loges et son spectaculaire grand escalier. Cette vocation sociale se lit jusque dans le choix des couleurs : le rouge et l’or dominent l’ensemble du décor.

Loin d’être purement décoratifs, ces tons chauds et lumineux mettent en valeur les teints et les bijoux, participant pleinement à la mise en scène du public lui-même

La scène et les fauteuils historiques de l’opéra. Crédit : Océane Henneron

Commandé sous le Second Empire par Napoléon III, mais inauguré par le président Mac Mahon, le bâtiment porte ainsi les marques de l’histoire, entre retards de chantier et guerre franco-prussienne. Par exemple, la loge initialement dédiée à l’Empereur a été occupée exceptionnellement par le Président de la Troisième République lors de l’inauguration du palais.

Si le décor frappe par la profusion de dorures, notre guide nous a rappelé qu’il s’agit aussi d’un choix raisonné : pour des raisons d’économie, Garnier a souvent eu recours à des peintures dorées, n’employant les feuilles d’or qu’aux endroits les plus visibles.

La visite fut également l’occasion d’évoquer des éléments devenus emblématiques, comme le plafond de Marc Chagall et les controverses qu’il suscite, ou encore la célèbre loge du Fantôme de l’Opéra. Notre guide a d’ailleurs pris soin de déconstruire le mythe du lac souterrain, rappelant combien cette légende est davantage ancrée dans l’imaginaire anglophone grâce à la comédie musicale éponyme.

L’entrée de la célèbre loge. Crédit : Sarah Ben Meriem
Le plafond de Marc Chagall. Crédit : Océane Henneron

La guide, tout au long de la visite, nous a fait remarquer les clins d’œil laissés par Garnier à son propre génie architectural, inscrivant discrètement sa présence au cœur même de son œuvre : son nom gravé dans la rotonde d’entrée, ou encore les traits de son visage prêtés à une figure sculptée du foyer, placée face à celle de son épouse.

Ce foyer, plongé ce soir-là dans une ambiance nocturne, illustre parfaitement l’esprit novateur de Garnier. On y trouve notamment un système d’éclairage combinant quatre techniques différentes, de la lampe à huile à l’électricité, témoignant d’une période charnière entre tradition et modernité.

La richesse des décors de l’opéra Garnier. Crédit : Océane Henneron

Malgré les travaux en cours sur la façade et le balcon, qui nous ont privés de la vue sur l’avenue de l’Opéra, la richesse des mosaïques, des sculptures et des décors a fait de cette visite mémorable un moment particulièrement enrichissant.

Si la plupart d’entre nous connaissions déjà le Palais Garnier, cette découverte sous un autre angle nous a permis d’en saisir toute la complexité et la subtilité, laissant à chacun le sentiment d’avoir redécouvert un monument pourtant familier.

Le buste de Charles Garnier, architecte de l’Opéra de Paris. Crédit : Sarah Ben Meriem

Amy Houbé

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