Le portrait d’un personnage royal, offert au château par un Ami Bienfaiteur

Publié le 13 avril 2020

 « Le château de Versailles s’est très récemment enrichi d’un dessin représentant un personnage royal, attribué à Louis Tocqué. L’œuvre, proposée aux enchères par la SVV Marie-Saint Germain, n’avait pas été adjugée. Elle a été cédée de gré à gré à un mécène, François Thiellet, qui l’a aussitôt offerte à Versailles. La SVV Marie Saint-Germain a renoncé aux frais acheteur et vendeur, participant ainsi à cet acte de générosité. » (source La Tribune de l’Art, 12 avril 2020)


Notice du catalogue de la vente MARIE-SAINT GERMAIN, 16 novembre 2018

« Notre dessin est une étude pour un grand portrait en pied de Louis XV. Il s’agit probablement de celle mentionnée par le comte Doria, présentée avec une étude pour un portrait du Louis XV de Carle van Loo. Le dessin de van Loo portait la mention Approuvé par le Roy, 6 novembre L. M. de Marigny. Les deux peintres ayant été sollicités par le roi et mis en concurrence, c’est le projet présenté par van Loo qui aurait été retenu. Doria qui n’a pas retrouvé notre dessin, signale par ailleurs qu’il n’existe pas de traces d’un portrait de Louis XV, ni même d’une quelconque commande faite par le roi à Tocqué.
Louis Tocqué, fils d’un portraitiste peu connu, fut l’élève de Jean – Marc Nattier dont il épousa plus tard la fille, et de Nicolas Bertin. Nattier lui fit copier la plupart des portraits célèbres de l’époque et avec Bertin il découvrit la peinture mythologique. Il forgea ainsi son propre style, un mélange de réalisme et de fantaisie acquis chez ses deux maîtres.
Tocqué fut agréé à l’Académie en 1734, en même temps que François Boucher. Il exposa au Salon avec succès. En 1739, il peignit un portrait du Dauphin, et en 1740, un portrait de Marie Leszczynska, conservés aujourd’hui au Louvre (voir A. Doria, Op. cit. supra, n° 71, reproduit fig. 5 et n° 210, reproduit fig. 15). Le portrait de la Reine est considéré comme son chef-d’œuvre. Tocqué travailla beaucoup pour la Cour de Versailles. En 1757, il fut appelé à Saint – Petersbourg où il peignit notamment le portrait de l’impératrice Elisabeth conservé à l’Ermitage (voir A. Doria, Op. cit. supra, n° 91, fig. 88). Son style devint beaucoup plus pompeux et mondain; il avait perdu le réalisme de ses débuts.
Il passa aussi de nombreux mois à Copenhague, peignant de nombreux portraits pour la famille royale et les membres de la Cour. Il travailla d’ailleurs beaucoup dans sa deuxième partie de carrière pour les monarchies du Nord. À la fin de sa vie, il abandonna la peinture pour profiter de la fortune et de la notoriété qu’elle lui avait apportées. »

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