Portrait d’auteur : questions à Colette di Matteo-Lablaude autour de l’ouvrage « Les jardins historiques »

L’ouvrage « Les Jardins historiques : théories et pratiques de leur restauration par Pierre-André Lablaude » paraîtra au mois de septembre prochain aux éditions Hermann, en coédition avec le château de Versailles et la Cité de l’Architecture. Préfacé par Catherine Pégard, l’ouvrage met à l’honneur l’ensemble des travaux de recherche de Pierre-André Lablaude, Architecte en chef des monuments historiques en charge des jardins du château de Versailles (1990 – 2018).

Entretien avec Colette di Matteo-Lablaude

Comment vous est venue l’idée de cet ouvrage ?

Cet ouvrage était l’un des projets de mon mari qu’il n’a hélas pas eu le temps d’entreprendre, et que nous avions envisagé de réaliser ensemble. Je l’ai composé à sa mémoire à partir des textes de ses cours et conférences,  ainsi qu’en troisième partie d’un recueil plus illustré de ses chantiers.

Qu’est-ce qu’un jardin historique ? Et quelle est sa particularité ?

Un jardin historique est un avant tout une oeuvre d’architecture, qui se traduit par des compositions minérales, végétales et hydrauliques, leur caractère historique étant celui de toute oeuvre humaine, même si par l’un de ses éléments matériels, le végétal, son historicité est constamment menacée d’altération, la dimension du « temps »  constituant cette fragilité.  Cette singularité, si elle confronte le restaurateur aux limites d’une déontologie trop simplificatrice, ne constitue cependant pas le fondement d’une prise en compte spécifique du projet de restauration. Ce projet, comme tout projet sur un monument historique, doit s’argumenter sur l’analyse des états de conservation confrontée à la documentation dont la mémoire des sols eux-mêmes est l’un des témoins.

© ToucanWings

Quel est le rôle de l’architecte du patrimoine ?

Le travail de l’architecte en chef des Monuments historiques ou du Patrimoine est le même que celui qu’il doit réaliser sur tout monument, la part de végétal intervenant dans le projet dans une proportion relativement faible, 10 à 20%. 

Parlez-nous de quelques-uns des grands chantiers qu’a menés Pierre-André Lablaude, architecte en chef des monuments historiques, en charge notamment des jardins du château de Versailles ?

Cet ouvrage présente l’ensemble de la carrière de Pierre André Lablaude, depuis ses premiers travaux de jardins, au Mont Saint Michel et en Val d’Oise, dont l’abbaye de Royaumont, puis à Versailles enfin pour  d’autres commandes privées de restauration ou de restitution, dont le château de Farcheville ou celui de La Roche Guyon, et de La Constantiniere, auront particulièrement retenu son attention.

Un chantier a-t-il marqué son esprit en particulier ?

La problématique des chantiers comme la continuité de sa réflexion à Versailles a indéniablement représenté pour lui un exercice fondateur, pour la méthodologie et les techniques de restauration des jardins historiques, mais, au-delà, dans le champ de la doctrine.

Que représentait le château de Versailles pour Pierre-André Lablaude ?

Versailles était pour Pierre André le lieu de son enfance, son père Pierre Lablaude y ayant exercé ses misions d’architecte des Bâtiments Civils. Se voir chargé des destinées de ce domaine était pour lui plus qu’une affectation administrative; c’était reinventer un contact avec une terre qu’il aimait arpenter, seul, réinvestissant par une lecture plus scientifique la richesse insoupçonnée de ces espaces familiers.

Un architecte dévoué au patrimoine

Pierre-André Lablaude, architecte en chef des monuments historiques, en charge notamment des jardins du château de Versailles depuis 1990 jusqu’à sa retraite en 2012 est décédé le 26 juillet 2018 à l’âge de 71 ans.
En charge de 1980 à 2012 de la surveillance, de l’entretien et de la restauration des monuments historiques classés des départements du Val de Marne, des Hauts-de-Seine, de l’Essonne, du Val-d’Oise, il s’est occupé de restaurations majeures comme l’abbaye de Royaumont, les châteaux de Villarceaux ou de La Roche Guyon.
De 1981 à 2002, il œuvrera au Mont St Michel, sur l’abbaye et ses jardins. De 1996 à 2016, il sera en charge de la cathédrale et du palais archiépiscopal de Rouen puis du domaine de Saint Cloud, du Musée de la Céramique et de la manufacture de Sèvres. Enfin il sera appelé par le Conseil départemental des Hauts-de-Seine pour restituer le parterre du château de Sceaux.

L’ouvrage est accessible en souscription jusqu’à la date de parution au prix de 29.00 euros TTC au lieu de 34.00 euros TTC
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