Parole à Claire le Meil pour son ouvrage « Royale panique à Versailles »

Publié le 24 juin 2020

La Société des Amis de Versailles est très heureuse d’avoir apporté son soutien à cet ouvrage paru en mai 2020.
Les Jeunes Amis de 5 à 12 ans ayant renouvelé ou rejoint la Société des Amis en 2020 ont reçu – ou recevront, un exemplaire de cet ouvrage, Paru aux EDITIONS SARBACANE « avec le soutien des Jeunes Amis du Château » .

Course poursuite jubilatoire dans le château le plus célèbre au monde !
Versailles, 1682. En cette belle journée de mai, Phénix, le cacatoès, s’est échappé de la ménagerie. Il s’engouffre par la fenêtre chez la Reine, occupée à se plaindre du Roi auprès de ses suivantes et répète ses paroles avant de prendre la fuite. Affolée, la Reine s’engouffre dans la galerie des glaces, suppliant son entourage d’arrêter l’insolent… C’est le début d’une belle pagaille au château du Roi-Soleil ! Et l’occasion d’une visite originale et résolument rocambolesque…


INTERVIEW !

1/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Versaillaise depuis toujours, j’ai obtenu en 2010 mon diplôme de directeur artistique à l’Esag Penninghen (École Supérieure d’Arts Graphiques à Paris). J’ai travaillé depuis sur différents projets artistiques dans le domaine de la presse, de l’édition et du luxe. J’ai notamment eu la chance de collaborer avec Hermès, Les Inrockuptibles, Versailles Grand Parc, les éditions Bayard, Galuchat, Le Fooding, Le Pèlerin ou encore Fragonard Parfums.

2/ Pourriez-vous nous raconter la journée type d’une illustratrice ?

J’adore travailler le soir, c’est très reposant et c’est souvent là que les inspirations s’éveillent et que les idées fleurissent. Je profite du matin pour gérer mes dossiers et mes rendez-vous. Cela me permet de profiter du reste de la journée pour travailler sur mes projets.
En ce qui concerne ma méthode, je travaille d’abord sur papier, toujours à l’encre noire. Puis je scanne le croquis, le précise et le numérise sur ma tablette. J’ajoute ensuite des touches de couleur, des nuances ombrées et de la matière. J’avoue prendre autant de plaisir à travailler sur papier qu’avec une tablette numérique.
Ayant depuis le début adopté un rythme de télétravail, je n’oublie pas de prendre du temps pour moi notamment grâce au yoga que je pratique depuis déjà 5 ans. J’aime aussi me ressourcer en allant voir des expositions, des galeries d’illustrations et en rencontrant de nouvelles personnes dans le milieu artistique.

3/ Comment pourriez-vous nous décrire votre « style » d’illustrations ?

Mon style se rapproche beaucoup de celui de Sempé ou Steinberg. C’est un dessin très traditionnel à l’ancienne, avec beaucoup de poésie, de légèreté et de fantaisie.

4/ Quels projets ont marqué votre parcours d’illustratrice ?

Les collaborations les plus stimulantes ont été avec Le tanneur, Hermès ou encore Pierre Hermé, mon tout premier projet. J’ai eu en effet la chance de travailler pour la maison Pierre Hermé sur la création d’une belle boite de macarons pour les fêtes de fin d’année. Ce projet m’a ouvert de nombreuses portes dans le domaine du luxe ou encore de l’édition.
Un autre projet dimensionnant a été la réalisation d’une collection capsule pour Le Tanneur à l’occasion de la fête des mères. J’ai adoré voir mon travail sur des vitrines et sur le légendaire porte-monnaie sans couture.
J’ai pris autant de plaisir à travailler pour l’édition jeunesse, pour de jeunes créateurs de mode et de design, que pour de grandes maisons de luxe. C’est mon côté touche à tout.

5/ Comment est né le projet « Royale panique » ?

Ce livre est dans la continuité des différentes illustrations que j’ai réalisées pour les Carnets de Versailles depuis ces quatre dernières années et j’ai voulu raconter avec malice une journée particulière de la vie du château au grand siècle. On y rencontre par surprise Charles Le Brun réalisant sa fresque « Le roi se gouverne par lui-même », Jean-Baptiste Colbert très inquiet pour « les caisses sèches, archi-sèches » et Jean de la Fontaine en quête d’inspiration dans la Ménagerie royale. L’oiseau facétieux répète en échos les propos des différents personnages sur un ton burlesque et poétique.
J’ai choisi ce format panoramique pour exprimer la démesure des lieux et la frénésie d’une course-poursuite à travers les nombreux ors et les bosquets de ce palais « à nul autre pareil ».

6/ Pourquoi le choix du cacatoès ?

Je voulais absolument choisir un animal exotique, un petit clin d’œil aux animaux que les ambassadeurs étrangers offraient au roi à cet époque. Cela fait aussi écho à la ménagerie du château dans laquelle les plus beaux spécimens étaient jalousement gardés. L’idée du cacatoès m’est venu naturellement à l’esprit : un oiseau intrépide, fier, malicieux, attachant et surtout bavard.

7/ Une suite est-elle prévue ?

J’aimerais beaucoup et j’ai déjà quelques idées en tête. Je souhaiterais notamment explorer l’histoire des bosquets du château. Je vous dévoilerai cela dans un prochain numéro.

Claire Le Meil, juin 2020

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