Secret 16 : Laissez-moi tranquille !

Publié le 17 août 2022

Où l’on apprend que Marie-Antoinette détruisait les escaliers.

1781. Marie-Antoinette est fatiguée de la cour et de ses intrigues. À Versailles, sa vie se déroule sous les yeux du public. Pas moyen d’avoir un peu d’intimité ! De guerre lasse, la reine souhaite avoir une pièce dans laquelle elle pourrait se reposer seule. Pour son architecte, Richard Mique, le défi est de taille ! Comment aménager un tel endroit dans l’enchevêtrement des appartements du château ?

Huile sur toile de Marie-Antoinette. Elle porte une robe bleue ainsi qu'une chappe bleue marine décorée de fleurs de lys. Elle pose sa main droite sur un planisphère. A sa droite, figure une harpe qui rappelle le goût de la Reine pour la musique.

La solution ? Transformer une pièce déjà existante. Mique n’a pas eu d’autre choix que de détruire l’escalier situé derrière la chambre de Marie-Antoinette. L’espace ainsi dégagé n’est pas très grand, à peine 10m² !

Cela suffit tout de même pour aménager un cabinet et satisfaire ainsi la reine. Mique ne manque d’ailleurs pas d’idées… Les glaces qui réfléchissent la lumière améliorent l’éclairage de cette pièce sur cour, orientée au nord, et donnent l’impression que le boudoir est beaucoup plus grand.


Marie-Antoinette choisit elle-même la décoration. Les boiseries sont sculptées de cœurs percés de flèches… Une manière de célébrer son bonheur conjugal, alors qu’elle s’apprête à donner un fils au roi ! Mais la reine fait surtout de cet endroit un véritable refuge. Seules ses belles-sœurs y sont conviées. Preuve de l’intimité de la pièce, c’est la « méridienne », cette sieste de la mi-journée, qui lui donne son nom.

Alors, l’ancien escalier a-t-il vraiment disparu sans laisser de traces ? Pas vraiment, car lors des travaux de restauration entrepris en 2012 grâce au mécénat de la Société des Amis de Versailles, des décors sculptés de l’escalier ont refait surface…

Cette image est une photographie de la méridienne. Prise dans le reflet d'un miroir, la photo laisse entrevoir une cheminée, un miroir, un lustre mais aussi une petite table. Par ailleurs, les dorures de la pièce y figurent aussi.

La restauration de la Méridienne, engagée grâce aux Amis de Versailles fin 2011, a permis la renaissance de ce joyau, grâce à une première phase de restauration architecturale suivie d’un remeublement et de la restitution des tissus. Ce projet rend ainsi hommage aux savoir-faire des artisans du 18e siècle et a permis la transmission de leur art.

Richard Mique, Jules-Hugues et Jean-Siméon Rousseau, Cabinet de la Méridienne, Appartement privé de la reine, 1781, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles © Didier Saulnier

Vue large du Cabinet de la Méridienne restauré
© Château de Versailles, Dist. RMN © Christophe Fouin

« Le cabinet de la Méridienne a connu, à partir de sa création, plusieurs meubles*. La restauration des appartements privés de Marie-Antoinette s’accompagne aujourd’hui de la restitution du troisième d’entre-eux, une soierie brochée et brodée » (Elisabeth Caude, dans l’article « Tons de prairie pour la Méridienne », les carnets de Versailles avril-septembre 2022)
* »meuble : Garniture textile d’un ensemble mobilier »

La deuxième phase de restauration, dédiée au remeublement et à la restitution des tissus, vient seulement de s’achever ! Elle a permis de redonner toute son intimité à cette pièce si chère à Marie-Antoinette.
Une ultime phase de restitution des broderies reste à définir – puis à financer et à planifier – afin d’apporter un point final à ce magnifique travail de restauration.


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